Coopérations Nationales

L’Ifremer, par son domaine d’intervention très large sur les thématiques marines, est un cas assez particulier :

  • Aucun organisme ne couvre un ensemble de thématiques marines aussi vaste
  • En France, peu d’organismes sont exclusivement marins (hormis le Shom).

En France, il n’existe pas de vision « intégrée » des données marines. Les partenariats sont thématiques. Le degré de maturité des bases de données, la nature des partenaires, le niveau de formalisation du partenariat varient grandement selon les thématiques.

Océanographie physique et opérationnelle

Métiers - Services Opérationnels

Que ce soit au niveau international ou national, le partenariat dans ce domaine est structuré autour de systèmes offrant des services temps réel et temps différé bien établis. La base Coriolis (données in situ) fait l’objet d’un accord de partenariat entre l’Ifremer, le Cnes, le CNRS/Insu, l’IRD, Météo-France, le Shom et l’IPEV.

En ce qui concerne les systèmes à haute fréquence (bouées côtières, ferry box, etc.) et les systèmes multi paramètres (couplant par exemple physique et biogéochimie), des outils sont en développement à l’Ifremer ainsi qu’au CNRS/Insu. En accord avec ses orientations stratégiques, l’Insu, en partenariat avec l’Ifremer, souhaite en effet renforcer ses capacités dans le domaine des bases de données.

    

Géosciences

Métiers - Thématicien Géologue

La majorité des données de géosciences marines sont obtenues lors de campagnes scientifiques à bord de navires côtiers à hauturiers mais aussi lors de campagnes programmées à des fins industrielles sur divers navires. Il peut aussi s’agir de campagnes étrangères dans les ZEE françaises.  Certaines données, géophysiques notamment, peuvent être acquises à partir de capteurs aériens ou satellitaires. Les données de géologie concernant le plateau continental français sont archivées dans la Banque de Géologie Marine Nationale (BGM) conformément au "Code Minier". La BGM, placée sous la responsabilité du BRGM, joue un rôle structurant. Les données géologiques issues de la Flotte Ifremer sont gérées depuis 2004 au sein de la BGM-B et le Shom mène également des actions de recueil et gestion de données sédimentologiques. Cette distribution du recueil et de la gestion des données a conduit à proposer une coopération au sein d’un réseau national de données de géosciences marines dès 2008. Cependant, les actions ont été focalisées depuis 2009 sur la coordination européenne et la réalisation du projet de réseau européen Geoseas, élaboré sur la base du système Seadatanet et qui s’achève à mi-2012. Les actions et les résultats de ce projet soulignent la nécessité d’une coordination renforcée pour une plus grande interopérabilité des systèmes et une meilleure diffusion à l’échelle nationale.

Environnement côtier

Dans ce domaine, les banques Quadrige² et Sextant recueillent des données produites par des projets de recherche ainsi que les informations provenant des réseaux de surveillance. Elles sont alimentées par l’Ifremer et par des partenaires qui l’utilisent pour leurs propres besoins (Agence Française pour la Biodiversité (AFB), Centre de Recherche sur les Mammifères Marins (CRMM), etc.). Les outils de bancarisation et de diffusion de données font l’objet d’une contractualisation avec des acteurs institutionnels dépendant du ministère de l’écologie, dans le cadre notamment de la mise en œuvre de la DCE (Directive Cadre sur l’Eau).

L’AFB envisage actuellement de développer des outils complémentaires pour répondre à des besoins aujourd’hui non satisfaits par l’existant, notamment pour les données vidéos.

En parallèle, l’INSU et le réseau des stations marines (RESOMAR), en concertation avec l’INEE (Institut National Ecologie et Environnement) s’organise actuellement pour développer un système d’information « bases de données côtières » visant à rassembler les données produites sur le benthos, le pelagos et les informations du réseau SOMLIT (Service d'observation en milieu littoral). Par ailleurs, une structuration des bases de données INEE-MNHN est en cours via la création d’une UMS.

Halieutique

Harmonie, la base de données du SIH (Système d’Information Halieutique) est développée en étroite collaboration avec le Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer (MEEM) et est interconnectée avec le système d’information du ministère (le SIPA). Pour une partie de la flotte de pêche d’outre-mer, l’IRD opère son propre système de gestion des données.

Biodiversité

Métiers - Thématicien Biologie

Sur ce champ complexe de la biodiversité, deux initiatives nationales coexistent :

- le Système National d’Information sur la Nature et les Paysages (SINP) porté par le MEEM (Ministère de l'Environnement, de l'Energie et de la Mer) et présenté comme une composante centrale de l’Observatoire National de la Biodiversité. L’Ifremer est fortement impliqué dans le SINP aux côtés du Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) et de l’AFB (Agence Française pour la Biodiversité). Des efforts importants restent à faire pour rendre interopérables les BDD des organismes publics (Biocean, Quadrige², Sextant et Harmonie pour l’Ifremer) et accessibles les multiples informations présentant un intérêt pour les questions de biodiversité, notamment celles issues des nombreux acteurs (ONG, etc.) contribuant à la collecte de données. Le MNHN joue un rôle également important à l’échelle nationale du fait de l’existence de l’INPN, utilisé par ailleurs pour le rapportage à l’échelle internationale tel que le GBIF. 

On doit également souligner les initiatives à l’échelle de l’Outre-Mer français et notamment la BD COREMO (données CORAUX) soutenue par le MEEM en lien également avec l’initiative française IFRECOR et la mise en œuvre de directives telles que la DCE dans les DOMs.

- le projet ECOSCOPE, porté par la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB), qui se définit comme la structure nationale de coordination des observatoires de recherche sur la biodiversité. Cette entité est maintenant reconnue comme une déclinaison nationale du projet (à l’échelle mondiale) qu’est GEOBON.

Au-delà de la donnée scientifique, on doit souligner l’existence d’une base de données portée par la FRB sur les membres de la communauté scientifique « biodiversité » à l’échelle nationale. Cette base est utilisée à l’échelle de l’ALLENVI, du projet ECOSCOPE et pour la structuration de l’expertise scientifique française en réponse à la mise en œuvre de la plateforme intergouvernementale IPBES sur l’expertise en biodiversité et services écosystémiques.

Si les finalités du SINP et de l’ECOSCOPE sont différentes, la zone d’intersection entre les deux outils est potentiellement importante. Une donnée d’observation (au sens observation pour la recherche) sur la biodiversité présente en effet souvent un intérêt pour le gestionnaire en l’aidant à définir les mesures de protection de la biodiversité. Une bonne coordination des deux approches est donc souhaitable.

Les informations archivées dans les banques de l’Ifremer sont largement utilisées pour répondre aux engagements européens et internationaux de l’Etat français.

L’ensemble des activités du SISMER sont menés dans le cadre de partenariats à différentes échelles :

- régionale, avec les collectivités territoriales, les services déconcentrés de l’Etat, les observatoires. A titre d’exemple, une coopération étroite s’est développée avec la MIMEL (Mission Inter services Mer et Littoral) en Normandie afin de constituer et mettre en forme un corpus d’informations géographiques issues des services de l’Etat et de plusieurs organismes impliqués sur ce territoire. Techniquement organisée autour du serveur Sextant, ce corpus permet d’étayer la décision publique mais aussi facilite la prise de connaissance des travaux scientifiques effectués.

- nationale, avec nos ministères de tutelles, mais aussi avec les principaux organismes actifs dans des domaines complémentaires à ceux de l’Ifremer. A titre d’exemples illustrant plusieurs types de collaborations, peuvent être citées les réalisations suivantes :

  • le Centre de données hydrologiques marines piloté et opéré en commun avec le Shom. Dans le même esprit, la mutualisation des activités de bancarisation des données issues des sondeurs acoustiques (bathymétrie, imagerie) a été actée par le Bureau Exécutif Shom – Ifremer.
  • la participation de l’Ifremer à la gestion des données halieutiques sous la maîtrise d’ouvrage du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche.
  • la responsabilité de l’Ifremer, pour la gestion des eaux intermédiaires et littorales, au sein du Système National d’Information sur l’Eau.