Interview

Nolwenn Danioux

Gestionnaire de la base des campagnes à la mer

 

Quel cursus as-tu suivi ? Quel a été ton parcours de formation ?

Sans idée précise de ce que je souhaitais faire comme métier, je me suis dirigée en filière scientifique et j’ai obtenu un bac  C en 1994.

J’ai ensuite intégré l’IUT Statistiques et Traitement Informatique des Données (STID) de Vannes où j’ai obtenu mon DUT en 1996. Cette formation abordait à la fois les mathématiques, les statistiques, l’informatique mais aussi l’économie et la gestion. En 1ère année, j’ai réalisé en petit groupe une étude avec Météo-France. J’ai choisi également de faire un stage de découverte (non obligatoire) à l’Ifremer. En 2nde année, j’ai réalisé mon stage de fin d’étude à l’Ifremer également, dans le service des Ressources Halieutiques, avec Daniel Latrouite, où j’ai travaillé sur des analyses de données sur la pêche du tourteau.

En 1998, j’ai intégré l’Ifremer en CDD de remplacement, en halieutique toujours. J’ai alors apporté au labo mes connaissances en analyses de données et en gestion de bases de données. J’ai participé entre autre à une étude européenne sur la puissance de pêche des fileyeurs français. J’ai également participé à la première PREDOC de ce qui allait devenir le SIH plus tard.

En 2001, j’ai été retenue en CDI au poste de gestionnaire de données de physique et chimie marine au Sismer. Au sein de l’équipe de la banque de physique, il s’agissait de récupérer, mettre en forme, contrôler et valider les données acquises à bord des navires par les scientifiques et les mettre à la disposition de la communauté scientifique mondiale.

De 2008 à 2012, j’ai quitté Brest pour travailler à La Seyne-sur-Mer sur le centre de Méditerranée. J’y occupais 2 fonctions : archiviste (gestion des archives papier du centre de Méditerranée) et gestionnaire de données d’environnement au LER/PAC. J’ai réalisé notamment les bulletins de la surveillance de la qualité du milieu marin, participé à une étude sur les macro-déchets et travaillé sur les posidonies.

En 2012, j’ai eu la chance de pouvoir réintégrer le Sismer et de prendre la responsabilité du catalogue des campagnes.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Je pense que je n’ai pas choisi mon métier, c’est plutôt mon métier qui m’a choisie !!

En fait, je connais Ifremer depuis toute petite puisque mon papa y était ingénieur. Il travaillait à la technologie et a travaillé notamment sur les cages aquacoles. Forcément j’étais bercée par cet environnement et cherchant à rester sur Brest, ça me semblait LA boîte idéale pour ma vie professionnelle.

Je sais aujourd’hui que je ne me suis pas trompée et que j’ai fait le bon choix. Et surtout j’ai eu beaucoup de chance d’y entrer.

En quoi consiste le métier de gestionnaire de la base des campagnes ?

Au cœur de l’activité du Sismer, ce métier consiste à obtenir les informations nécessaires (dates, zones, types de données, etc.) aux différentes banques de données (Physique, géosciences, etc.) pour un meilleur archivage. Il y a des actions bien définies à réaliser :

  • Création dans la base de données du portefeuille de campagnes prévisionnelles pour l’année à venir à partir des plannings fournis par l’UMS Flotte. C’est à partir de ces prévisions que l’on peut savoir quand les campagnes sont terminées et les réclamer.
  • Relance des chefs de mission pour récupérer les infos de fin de campagne comme le descriptif, les travaux réalisés et les mesures effectuées en mer.
  • Saisie de ces infos dans la base à l’aide d’une interface et mise en ligne sur Internet.
  • Réalisation du bilan annuel des campagnes françaises qui liste les campagnes réalisées l’année précédente et présente également des statistiques diverses.

Comment se déroulent tes journées de travail ? Quels sont tes horaires ?

Mes activités sont tellement variées qu’il n’y a pas vraiment de journée type. Toutefois, certaines tâches reviennent fréquemment :

  • Lancement de requêtes SQL (chefs de mission à relancer, mise à jour d’informations dans la base, etc.).
  • Échanges de mails avec les scientifiques et les collègues.
  • Rédaction de documentations (manuels, bilan, etc.).

Les horaires sont souples car nous fonctionnons en horaires variables (plages fixes imposées + plages variables). Nous travaillons 38h par semaine. Le matin, je commence entre 7h30 et 7h45 et le soir je pars entre 16h et 17h environ.

Quel est ton environnement de travail ? As-tu des déplacements professionnels ?

Mon travail se fait exclusivement sur ordinateur dans un bureau, il n’y a pas de travail de terrain et les déplacements professionnels sont extrêmement rares hélas.

Quelles sont tes relations au quotidien ?

Dans ce poste, je suis en relation avec :

  • les différents chefs de mission pour récupérer leurs informations de fin de campagne,
  • les organismes gestionnaires des navires (IPEV, IRD, INSU et Ifremer),
  • l’UMS Flotte qui gère la programmation de la flotte française,
  • les commissions d’évaluations des campagnes pour insister sur les « mauvais élèves » qui ne rendraient pas leur compte-rendu de campagne dans les temps,
  • nos partenaires européens pour la diffusion de toutes ces informations au niveau des projets européens.

Mais mon travail nécessite également des liens avec :

  • mes collègues du Sismer pour coordonner nos actions entre infos de campagnes et données,
  • les collègues du service ISI qui développent pour nous des outils informatiques indispensables à notre travail de bancarisation et de diffusion.

Quelles sont les qualités demandées pour ce poste ?

Pour la gestion de données en général, il faut être rigoureux et organisé afin de mener à bien toutes les tâches nécessaires à l’archivage. En effet, c’est un travail riche et varié, il ne faut donc pas se disperser. Il ne faut pas avoir peur du contact, être capable de relancer les gens pour obtenir des réponses. Il faut même parfois être tenace pour obtenir les données ou les fiches campagnes dans les temps.

Qu’est-ce que tu préfères dans ton métier ?

Ce qui me plait le plus dans ce poste, c’est la diversité des tâches et l’autonomie avec laquelle je peux les réaliser. De plus, comme l’informatique et la gestion de données sont en perpétuelle évolution, il faut toujours se remettre en question et se maintenir à niveau.

Qu'est-ce qui est le plus difficile dans ton métier ?

Le plus difficile est de devoir jongler avec les emplois du temps chargés des scientifiques qui parfois négligent cette partie bancarisation. Il faut donc relancer encore et encore et ne jamais rien lâcher. La persévérance finit souvent par payer.

Quels conseils pourrais-tu donner aux jeunes tentés par ce métier ?

Si la gestion de données te plait alors il faut d’abord se former comme il faut. Plus la formation sera complète, plus il sera facile de trouver du travail ensuite. Ne pas hésiter à multiplier les stages pour trouver le domaine d’application le plus adapté à ses envies. Privilégier la formation en alternance dès que possible. Et enfin, il faut être conscient que l’on passe une grande partie de sa vie au travail alors il faut bien le choisir pour ne pas y aller à reculons !!

A qui/quoi servent les données ? A quels projets scientifiques participes-tu ?

Le principal projet concerné par les campagnes à la mer est SeaDataNet à qui nous transmettons les informations de fin de campagne de manière hebdomadaire. Les prévisions de campagnes sont transmises une fois par an au projet POGO qui lui alimente le projet Eurofleets 2.

De plus, le catalogue des campagnes est également le point central de toutes les banques de données (biologie, géologie, physique, etc.). C’est à partir de ces informations que chacune des banques de données sait s’il y a de la donnée à récupérer et archiver ou non.

Les informations de ces campagnes, disponibles en ligne via le catalogue des campagnes est utile à la communauté scientifique également qui est souvent à la recherche d’informations déjà récoltées dans un endroit particulier, un océan ou une période. Il peut alors lister toutes les infos susceptibles de l’intéresser et éventuellement télécharger les données associées.